II_D_les lymphocytes T4, pivots de la réaction adaptative

Par FLORENCE BOLOGNESI, publié le mardi 8 juin 2021 18:12 - Mis à jour le mardi 8 juin 2021 18:13

D - les lymphocytes T4 pivots de la réaction adaptative

Les LT4 : « chef d’orchestre » de la réponse immunitaire.

Les LT4 naïfs sont produits dans la moelle osseuse et subissent une maturation dans le thymus.

Ils reconnaissent spécifiquement un type d’antigène grâce à leurs récepteurs membranaires CD4 (immunoglobulines aussi), mais tout comme les LT8, les LT4 ne reconnaissent leur AG spécifique que s’il est présenté avec des molécules du CMH par une CPA.

Après sélection puis prolifération clonale ils se différencient en LTauxilliaires ou sécréteurs ou encore LThelper sécréteurs de messagers chimiques, les interleukines (notamment IL2).

Comme les signaux de danger (histamine, TNF, etc.), les IL sont des molécules de la famille des cytokines. page22image10047808

 

Seuls les LB et LT8 sélectionnés possèdent des récepteurs d’interleukines sur leur membrane plasmique.
La fixation des IL sur ces récepteurs déclenche leur mitose et leur différenciation en plasmocytes et LTcytotoxiques.

Les LT4 ont donc un rôle essentiel (pivot), puisquen leur absence, les LT8 et LB, bien que sélectionnés, ne sont pas capables dagir contre lAG.

Leur fonction est aussi un bon exemple de coopération cellulaire.

Les cellules de l'immunité adaptative ne deviennent effectrices qu'après une première rencontre avec un antigène grâce aux phénomènes de sélection, d'amplification et de différenciation clonales.
Les défenses adaptatives associées avec les défenses innées permettent normalement d'éliminer la cause du déclenchement de la réaction immunitaire

Les LT4 : cellules cibles du VIH 

Lors de la contamination par le VIH (phase de Primo-infection), le nombre de virus présents (appelé charge virale) augmente fortement, puis diminue rapidement à cause de la réponse du système immunitaire.
Deux semaines à quelques mois après la contamination, la présence dans le sang de différents anticorps anti-VIH est décelée, le sujet est dit alors « séropositif pour le VIH ».

Or dans le cas du SIDA, les virus VIH pénètrent rapidement dans les LT4 (ou dans les macrophages) car ces cellules sont les seules à posséder un marqueur membranaire : la protéine CD4, qui est indispensable à l’ancrage du virus sur la cellule hôte.

Après la phase de primo-infection, le malade entre dans la phase asymptomatique. Pendant cette période de plusieurs années, les défenses immunitaires restent actives et tendent à limiter la prolifération du virus mais elles sont peu efficaces.

En effet :

  • Les anticorps anti-VIH sont peu efficaces car le virus est inaccessible, « caché » dans les cellules-hôtes parasitées.
  • Des lymphocytes spécialisés, les LTc, véritables « cellules tueuses », s’attaquent aussi aux cellules infectées par le virus, c’est à dire aux LT4 qui présentent à leur surface des peptides viraux. Il y a donc destruction de son propre système immunitaire.

On constate donc une baisse inexorable de la population de LT4.

Depuis 1993, un malade peut être considéré au stade SIDA lorsqu'il présente une concentration en lymphocytes T4 inférieure ou égale à 200 cellules/mm3 dans le sang.
Le malade entre dans la phase symptomatique.

A ce stade, le système immunitaire est « débordé », les populations de LT8 et de plasmocytes s’effondrent, le nombre de virus augmente fortement et les symptômes apparaissent.

Le SIDA se caractérise alors par l’apparition de diverses maladies opportunistes qui peuvent entraîner la mort du malade. Elles peuvent avoir pour origine des agents pathogènes variés : virus, bactéries (pneumonie, tuberculose), champignons, protozoaire (toxoplasmose)...

 

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